samedi 20 novembre 2010

Commençons par la définition du BND. Qu'est ce que donc que c'est?


Le Boy Next Door, à l'instar de la Girl Next Door, est par essence même une personne qui habite non loin de chez vous. Le terme le plus courant en français serait "voisin" ou encore "mec d'à côté" pour paraphraser la série d'AB1 au masculin...



Certains incluent le colocataire, le "roomate" en anglais. Je ne suis pas d'accord. Un coloc' c'est très différent d'un voisin, dans la mesure où on partage un quotidien, et du coup la fantasmagorisation de l'être désiré ne passe pas par le même processus. Un voisin, en ne le voyant que très subrepticement, on le voit mieux qu'il ne l'est, déjà parce qu'on ne le voit pas souvent de façon "fixe". Et par fixe, je veux dire : visage et corps qui ne bouge pas (je précise, car un être en mouvement ne donne pas souvent le même effet qu'un être immobile). Surtout quand on vit au Rez De Chaussée et que du coup on ne prend pas l'ascenseur. Ça va être en récupérant le courrier, en le croisant dans le couloir, aux poubelles ou dans le parking.... Que des endroits super trop glamour qui vont paradoxalement accroître l'effet fantasmagorique du BND.

Pour illustrer mon propos, je vais me reservir de la désormais célèbre (je crois qu'on est désormais une bonne cinquantaine à l'utiliser) échelle Chantal Sébire. Admettons que j'ai un voisin. Admettons qu'il habite au 2ème étage, et admettons c'est un 3 sur l'échelle Chantal Sébire. Le fait que ce dernier arrive en costard de marque Brice à une Assemblée Générale de la Copropriété, et qu'il vienne s'installer derrière moi ne me laisse aucune chance de pouvoir scruter attentivement ni son physique ni son entre-jambe... Puis admettons que durant cette réunion, la moyenne d'âge était de 45-50 ans, et qu'il en a, on va dire 27, donc qu'en gros y'avait que des vieux moches (c'est de la supposition, je ne dis pas que ceci a pu arriver). Et bien le voisin, dans mon esprit, ça va être un 4. Parce que costume + gens laids + impossibilité de mater = imaginaire décuplé.

Puis imaginons, que dans la pénombre de la nuit, le monsieur engage la conversation, et mentionne la possession d'une console, on va dire une PS3. Là le fantasme prend le large, le voisin devient soudainement le potentiel homme de ma vie. SAUF QUE... je viens juste d'être piégée par le paradigme du mec d'à côté, le Boy Next Door effect!

Car oui, si j'avais connu le monsieur dans d'autres circonstances, mettons une Soirée Halloween, même ivre, je ne lui aurais pas porté plus d'attention que ça, car un homme plus grand, plus brun, plus mat, plus jeune, avec de très jolis sourcils lui aurait immédiatement fait de l'ombre!

Mesdames, messieurs, méfiez-vous du Boy (ou girl) Next Door effect, car en plus, il a un effet pervers si vous parvenez finalement à vos fins en faisant main basse sur l'être désiré. Si vous ne voulez plus le voir, il faut déménager, fermer vos volets de façon permanente, ne plus répondre à l'interphone ou à la sonnerie de porte, connaître par cœur son emploi du temps afin d'évtier de le croiser par hasard au Simply Market (et encore, attention aux poses de RTT qui peuvent être très fourbes!).

Si c'est lui qui ne veut plus vous voir, il va pourrir votre boîte aux lettres et demander aux autres voisins de le faire également en mettant des pubs dans cette dernière. Si vous habitez au Rez-De-Chaussée, il va vous casser votre store, pisser sur votre balcon, cracher sur votre fenêtre, vomir dans votre lit si, le dos tourné, vous en aviez profité pour aérer votre chambre qui donne sur la rue. S'il est ingénieur réseau, il va pirater votre wifi. S'il est complètement taré, il va casser votre bagnole avec une batte de Base-Ball. S'il est dépressif, il va se suicider en laissant une note, racontant à tout le monde que c'est votre faute, juste pour pouvoir jouir de l'ultime possibilité de vous faire porter toute la culpabilité de son auto-suppression de notre si joli monde. Et enfin, s'il est pakistanais, il tapera tous les jours à votre porte-fenêtre pour essayer de vous vendre des roses (c'était la parenthèse : cliché sur les minorités ethniques).

Mon conseil : faites ami-ami à Miami avec, histoire de vous faire dépanner d'un câble usb, d'un chargeur d'iPhone, voire d'une capote ou d'une bière, mais ne couchez jamais avec. Je ne vous cache pas que là je cherche une chute mortelle pour achever de façon mémorable ce billet, mais comme il n'y a que 3 étages dans mon immeuble, cette chute vous coûtera au mieux une jambe et quelques côtes cassées (il est 4h37 au moment où j'écris ceci, j'aurai la force d'avoir honte quand l'article sera publié et que je le relirai en buvant un café Nespresso sur l'iMac 27 pouces de mon désormais célèbre voisin).

6 commentaires:

  1. Le voisin connaît-il l'existence de ce blog ?

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  2. Oui, il le connait, il sait également que j'ai écrit ce billet en m'inspirant de quelques faits, le reste étant sorti de mon immense imagination.

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  3. Je connais depuis près d'un an le Boys next door effect. Je ne veux plus le voir. Quand je ne le vois pas je me porte bien, si je le vois, je m'énerve facilement. Mais je crois qu'il a compris : on ne se croise plus depuis un bon moment, alors que c'est un voisin d'en face et dans mon couloir. Je prends un risque énorme en racontant ça ici. Mais comme je ne nomme personne, je m'en balance. Et vu qu'entre lui et moi c'est déjà une très belle histoire de haine, ça ne va rien changé ;)

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  4. Mais d'où est née cette haine?

    De mon côté, nous sommes vraiment devenus bons potes, il m'a offert l'occasion de latter les siens à DJ Hero 2, et il me prête même son box le temps des travaux. C'est le voisin idéal, vraiment.

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    1. Mais malheureusement son copain est un fils de pute mythomane et manipulateur. J'aurais bien fait un article, mais ça risque d'être un concentré de haine pure... Dès que j'ai le recul pour en faire quelquechose de divertissant et agréable à lire, je mets un billet dans le panda club, histoire de me délester de ce poids qui quasiment un an après me pèse encore sur la patate.

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